Dévalorisation du politique compris comme engagement citoyen4.1 Mission des Etats : assurer les besoins vitaux
La vie politique est subordonnée à une nécessité et non dévolue à l'exercice de la liberté. Dans ce cadre-là, des experts sont éventuellement plus efficaces que des citoyens pour résoudre des problèmes précis et la «gouvernance» pointe le nez.
La politique est ainsi envisagée comme un moyen en vue d'une fin et n'est donc plus axée sur la nécessité de créer un espace qui permette aux hommes d'exercer, par la discussion, leur liberté identifiée au «pouvoir de commencer», à la mise en mouvement constante, à la détermination des limites du public et du privé.
4.2 Complexification des affaires (fiscalité, budget...) encourageant le pouvoir des experts et le désengagement citoyen.
4.3 Actuellement, le droit et l'économie produisent leurs propres normes sans qu'il y ait expression d'une volonté collective.
Une vision consensuelle s'est installée qui fait que, de droite à gauche, on a la vision d'une seule et même réalité mondialisée, ininterprétable et qui demande seulement des réponses adaptées à son bon fonctionnement : c'est la réalité économique où se retrouvent le principe de la richesse et le principe de la science comme principes de gouvernement. La certitude massive d'un primat de la loi du marché supprime tout débat, c'est-à-dire l'essence même de la démocratie entendue comme vie politique.
La vie politique suppose des identités réelles (classe ouvrière, bourgeoisie, aristocratie), mais le triomphe actuel de la production pour elle-même ou pour les bénéfices qu'elle génère, produit une indifférenciation de consommateurs pour qui l'activité politique n'a plus aucun sens : la docilité et la soumission du corps social a été obtenue sans violence gouvernementale. Les accès de violence populaires restent individualisés ou repoussés aux marges.
4.4 La démocratie c'est du travail et peu s'engagent ; repli sur la sphère privée, absence de projet collectif, individualisme centré sur le désir d'augmenter sans limites la consommation La folie consommatrice actuelle est souvent analysée comme une résultante des excès auxquels porte la démocratie perçue comme tyrannie de l'opinion. L'analyse aurait cependant intérêt à se pencher sur les effets délétères du développement insensé du capitalisme, engagé dans une spirale dépourvue de sens autre que le profit financier.
