Si j'ai bien compris il a évoqué un mouvement de laïcisation (secularism) de la société iranienne compatible avec l'Islam, mais récuse toute volonté vers ce type de société.
Je trouvais son idée sur le conflit entre le manque de droits (rights) face à une multitudes d'obligations (duties) très pertinente, car pour moi c'est bien au-delà du système politique en Iran, c'est culturel. Mais malheureusement il n'a pas répondu à ma question quand je lui ai demandé son avis sur ce point.
J'ai trouvé qu'il représente bien le courant vert actuel, qui veut réformer, mais pas remettre en cause le système.
Oui c'est le même courant intellectuel dont on a parlé dans ce fil, mais je n'ai pas compris qu'il récuse toute volonté vers ce type de société, je pense qu'il disait qu'en Iran les gens sont religieux et ont peur de ce mot, alors il proposait de l'appeler la laïcisation politique (political secularism) pour bien montrer que c'est dans ce sphère qu'on cherche à laïciser.
A partir de là se pose automatiquement la question des droits, moi aussi j'ai apprécié cette vision d'envisager même la loi canonique (très très rigide et casse-pieds) sous cet angle. Apparemment c'est ce qu'il proposait dans sa lettre à Montazeri.
C'est ce qu'on disait dans ce fil plus haut, la particularité que partagent tous les courants intellectuels contemporains est une prise de conscience de cet aspect droit de l'hommiste, comme l'appelait Nikpey dans ses interventions à Paris. Tu as eu l'occasion de l'écouter ?
Je ne sais pas s'il représente le courant vert, il représente surtout ce courant de pensée qui a commencé après celui de shari'ati et qui d'après ce que j'ai compris (à travers les interventions de Nikpey notamment) est dépassé déjà par un autre courant plus ouvert, spiritualiste et universel, représenté par entre autres Malekian.
Pour l'histoire du faux ayatollah, il paraît que khakha n'a pas fait tout le cursus obligatoire et qu'on lui a donné le titre juste pour qu'il puisse devenir rahbar.
J'ai une copine qui après avoir écouté Soroush m'a dit il y a quelques années : "On dirait un mollah sans turban, même langage, même culture." Je trouve qu'elle a tout compris. Monsieur Soroush ne peut foncièrement pas prendre ses distances avec l'islam et parler de laïcisation dans ces conditions c'est difficile à avaler.